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BANQUES

La monétisation du déficit public, qui poussait l’inflation vers des niveaux très élevés, a été largement maîtrisée à partir de 2002. Dans le même temps, la BCC (Banque centrale du Congo) était dotée de nouveaux statuts établissant son indépendance dans la conduite de la politique monétaire (même si ses hauts dirigeants sont nommés par le président de la République) et limitant les avances au Trésor. Le taux d’inflation, qui culminait à près de 900 % pendant la décennie 1990-2000 et 357 % en 2001, a ainsi été ramené à un taux à un chiffre depuis 2007 (9,9 %). Il est depuis, peu ou prou, à ce jour stable.

La maîtrise de l’inflation a permis à la BCC de diminuer progressivement son taux d'escompte, passé de 27 % en 2002 à 6 % au premier semestre de 2004, avant de remonter à 14 % en août 2004 du fait des tensions inflationnistes. Cependant, étant donné la faible bancarisation de l’économie et le mauvais fonctionnement du système bancaire, la manipulation des taux d’intérêt n’est pas un instrument efficace de régulation de la masse monétaire. La BCC doit par ailleurs faire face à un fort accroissement de la demande de liquidités, en raison notamment d’un retour relatif à la confiance en la monnaie nationale, dans une économie très largement « dollarisée ». Les acteurs économiques effectuent l’ensemble de leurs transactions en espèces, en dépit de l’absence de grosses coupures.

La crédibilité des banques a été fortement ébranlée avec les faillites et le manque de liquidités. Le nombre de comptes bancaires est infime, environ 35 000. De façon générale, la couverture géographique du système bancaire reste très faible. Il n’y a qu’un guichet pour 2,4 millions d’habitants et il n’existe qu’une dizaine de banques commerciales dont l’essentiel des activités est concentré à Kinshasa. Les opérations du secteur bancaire sont limitées au financement du commerce et aux opérations de change. Le montant des crédits à l’économie représentait moins de 1 % du PIB en 2003. Les crédits sont généralement octroyés en dollars, pour une période qui n’excède pas six mois. Il existe peu de transactions sur le marché interbancaire en dépit de l’émission, depuis fin 2002, de BTR (Billets de trésorerie) par la BCC. Les banques ont fait l’objet d’un important programme de restructuration, de recapitalisation et de liquidation. En 2004, neuf banques avaient été liquidées, dont trois banques publiques, et sept sont en cours de restructuration. Des signes encourageants se manifestent toutefois avec l’arrivée de capitaux étrangers dans le secteur (Citibank, Stanbic, Rawbank, etc.).

La Banque Commerciale du Congo (BCDC) qui est la première banque du pays est aujourd'hui la banque de référence en RDC, active sur l'ensemble du territoire du pays.

Depuis quelque temps déjà la Banque Centrale du Congo pense à la création d’un système financier national. Jusqu’à maintenant, elle étudie les différentes modalités. Toutefois, la réalité est telle que la création d’un marché des capitaux ne laisse aucun expert différent. Malingumu Syosyo écrit la plus grande crainte reste non seulement la faiblesse du volume de transaction mais également, le faible niveau du PIB, d’activité industrielle et commerciale qui ne permettent pas de grandes perspectives de viabilité des échanges locaux.